Le costume d’homme, permanences et mutations

Écrit par  Emilie Coutant

Cette communication s’inscrit dans le droit fil de mes recherches actuelles sur les modèles de représentations du masculin dans les médias. Par une approche compréhensive et phénoménologique, dans le cadre d’une sociologie de l’imaginaire, j’essaie de repérer et d’analyser les mythes et les archétypes qui sont à l’œuvre dans les représentations de la masculinité. Le matériau de recherche utilisé est un corpus d’iconographies publicitaires, d’images de mode et de figures masculines du cinéma, de la musique et du sport .Dans son sens le plus simple, le costume est un habit masculin formé d’une veste et d’un pantalon assortis, parfois complétés d’un gilet du même tissu ; dans ce cas le costume est appelé « complet ». Le costume trois pièces fit son apparition à la fin du XVIIème siècle...

Communication au colloque : « S’habiller pour travailler » Université de la Mode, Université Lumière Lyon 2 - 30 et 31 mars 2010 paru dans l'ouvrage du même aux Editions Lyonnaises, 2011.

Histoire du costume : le 3 pièces/complet, la queue de pie, la redingote, le smoking/tuxedo

Dans son sens le plus simple, le costume est un habit masculin formé d’une veste et d’un pantalon assortis, parfois complétés d’un gilet du même tissu ; dans ce cas le costume est appelé « complet ». Le costume trois pièces fit son apparition à la fin du XVIIème siècle. Mis à l’heure anglaise, les hommes abandonnèrent le costume de cour (brodé, enrubanné, coloré…) à l’allure pimpante et désinvolte pour adopter l’habit. L’habit à queue apparaît vers 1780. Il s’agit de la tenue de jour des nobles. La mode masculine est influencée à cette période par l'Angleterre où de nombreux aristocrates vivent à la campagne et privilégient des vêtements pratiques comme la redingote, le gilet court, les bottes de cuir. Les vêtements se simplifient sans pour autant cesser d'être ornés dans les fêtes officielles et à la Cour impériale. C’est vers 1860 que cette redingote devient une tenue de soirée portée pour des occasions spéciales. Au XIXème siècle la queue de pie devient l’habit traditionnel des hommes. Redingotes et jaquettes sont appropriées par les dandys. Ce sont d’ailleurs eux qui, au cours des premières décennies du XIXème, lanceront la mode des vêtements simples et de couleur sombre, noire de préférence. Ce passage d’une exubérance colorée aux vêtements plus sobres de l’homme qui travaille avait déjà été amorcé peu après la Révolution, et les premiers dandys, eux, misaient encore sur la fantaisie des parures. Néanmoins, c’est à ce siècle que les couleurs sombres prennent le dessus. Le noir devient couleur dominante notamment avec la Reine Victoria, qui impose cette couleur lors de son veuvage.

Si l’on peut comprendre l’importance du noir dans la vêture lors de cette période de révolution industrielle, d’où vient en revanche cette nouvelle habitude de s’habiller pour dîner ? Cette habitude viendrait des gentlemen farmers, lesquels chevauchaient à travers leurs domaines pendant la journée et ne voulaient se présenter à table imprégnés de l’odeur de l’animal. Ils revêtirent donc un vêtement pour le dîner ; cette habitude élégante se diffusa rapidement en ville. Ce vêtement, en étoffe noire, est en grande partie copié du vêtement d’apparat militaire, c’est ce que l’on appelle actuellement « white tie » : une queue de pie, un gilet court et blanc, une chemise à col cassé, un nœud papillon blanc et un pantalon à galon. Bien que très élégante, cette tenue est peu confortable, et l’on chercha à en simplifier la mise notamment pour les dîners privés.

Le smoking fait donc son apparition, c’est un dérivé de la veste d’équitation raccourcie, il se drape de velours en passant par le fumoir, puis de laine noir ce qui lui donne la prestance obligatoire pour être porté lors des dîners. Mais c’est surtout Edouard VIII, le Prince de Galles, qui en l’adoptant en conforte l’usage, on était en 1860. Il faut attendre 1886, pour que le Smoking prenne aux Etats-Unis le nom de Tuxedo. A l’occasion d’une visite en Angleterre, un riche américain du nom de Potter est reçu par le Prince de Galles qui lui indique qu’il pourra trouver la tenue adéquate pour assister à ses dîners auprès de son tailleur de Savile Row. De retour à New York, Potter introduit cette tenue dans son club le : Tuxedo Park Club House, au lieu de porter la traditionnelle jacquette-cravate blanche. Dès lors, le smoking, vêtement d’intérieur servant uniquement dans l’usage du rituel du fumoir, devient le Tuxedo, vêtement à la mode que l’on porte lors des cocktails et les dîners mondains. Au début du XXème, le costume évolue pour devenir plus fonctionnel, notamment du fait du sport, la redingote est remplacée par le veston droit. En effet à l’issue de la première guerre mondiale, la redingote et la jaquette deviennent anachroniques. Le costume, complet, fut adopté par toutes les classes sociales pour toutes les occasions à l’exception des plus formelles. Quelque soit le style du costume il était toujours accompagné d’un chapeau. Le chapeau melon, généralement associé au costume, devient en Grande-Bretagne le symbole de l’homme d’affaires.

Austère et sombre au XIXème, synonyme de frivolité chez les dandys, et de sérieux et de labeur chez les hommes qui travaillent, le succès persistant du costume, qui s’impose depuis 350 ans, est dû à son incomparable adaptabilité aux nuances et aux variations de toutes sortes. Le costume devient la référence en matière de classe, d’élégance, de distinction mais aussi de façon de façon générale dans la mode masculine. Intemporel et soumis  à de multiples variations, le style d’un costume repose sur des détails (nombre de boutons ; largeur col, revers pantalons…), ce sont ces derniers qui permettent de signifier le type de costume. Tout au long du XXème siècle, l’avènement du complet révolutionne la mode masculine. Le costume masculin s’impose tout à tour comme le vêtement des gentlemans, des ouvriers, des employés de bureau, des hommes d’affaires, des cadres, puis dans les figures cinématographiques (gangsters,  mafieux, agents secrets) et enfin comme la pièce phare en matière d’élégance et de distinction chez les jeunes générations. Avant d’entrer dans le détail de ces diverses formes du costume masculin, arrêtons-nous sur son usage en tant que vêtement de travail durant le dernier siècle écoulé.

Le costume, vêtement de travail

Au début du XXème siècle la plupart des travailleurs portaient un vieux complet, réservant par mesure d’économie leur bon costume, lorsqu’ils en possédaient un, au dimanche. Ils pouvaient également associer un veston et un gilet à un pantalon fabriqué dans un tissu solide et pratique, comme le velours côtelé. Une chemise à rayures sans col, un gilet, un mouchoir noué autour du cou, de grosses bottes cloutées en cuir et une casquette plate, ou parfois un chapeau melon avec une cravate : c’était  l’« uniforme » du travailleur manuel dans les sociétés occidentales.

Tout au long du siècle, le costume (veste + pantalon) devient le vêtement masculin de travail par excellence, notamment dans les classes sociales supérieures. Dirigeants, cadres, employés de bureau, et  une foultitude de métiers l’adoptent tel un vrai uniforme. On oppose d’ailleurs les « cols blancs » (travailleurs du secteur tertiaire, décideurs dans l’entreprise) aux cols bleus (ouvriers, exécutants). Le costume devient l’uniforme professionnel de l’homme, ce qui est d’ailleurs assez paradoxal, car il était censé délivrer les mâles des carcans de l’uniforme de travail et de l’uniforme militaire.  A titre anecdotique, lorsque la paix revient en 1945, les soldats britanniques démobilisés reçurent chacun un costume civil de la grande chaîne de vêtements masculin Montague Burton.

Dès lors, le costume n’est plus celui des gentlemans ou des dandys, il devient l’indispensable du vestiaire masculin, le vêtement qui fait l’homme. Dans les années 80 une des figures de la masculinité est d’ailleurs cet homme pressé, en costume-cravate, cadre d’entreprise et homme de famille. Le costume incarne les valeurs de réussite professionnelle, de prestige, et d’élégance. Le costume sombre et sobre comme pièce maitresse de la garde-robe masculine (alors que celle-ci s’étoffe et se diversifie dès les années 50) a la vie dure. L’achat du premier costume pour un jeune homme représente d’ailleurs un véritable rite de passage vers l’âge adulte, il « fait l’homme ». Toutefois l’aspect formel du vêtement est parfois dénigré par les jeunes générations, qui ont tendance à assigner ce vêtement à des évènements spécifique où l’élégance est de rigueur : mariage, fêtes de famille…et bien sur travail ! A la question « que représente le costume pour vous ? », nombre d’enquêtés associent ce vêtement à celui des banquiers, des traders, des patrons d’entreprises ou aux réunions de famille. Pour eux, en dehors de ces occasions et de ce positionnement professionnel spécifique, le costume n’est pas adapté à la vie de tous les jours : « le costume porte bien son nom, quand j’en porte un j’ai l’impression d’être déguisé. En cadre, en banquier, bref en costume quoi ! » (Thomas, 25 ans, étudiant)

Ces jeunes hommes d’aujourd’hui expriment cependant d’autres représentations liées au costume : l’idée de classe, d’incarnation de l’élégance, mais dans ce cas ils ne citent plus le travailleur comme modèle mais des figures cinématographiques ou du monde de la musique. Le discours de mes enquêtés m’a mis sur la piste de cette mutation des représentations du costume masculin. Voyons dans les images quelles nouvelles formes le costume peut prendre et quels modèles de représentations il suscite.

Le costume mute et permute

Loin d’être cantonné à son aspect formel, élégant et conventionnel, le costume d’homme a  également été approprié et interprété par les sous-cultures, populaires chez les jeunes et ce dès les années 30.

Avec la classification des adolescents par les sociologues au début du XXème siècle, les jeunes commencèrent à être perçus comme une espèce à part, souvent en conflit avec une culture dominante qui les considérait avec suspicion, voire avec une certaine anxiété. Les jeunes, surtout ceux appartenant à des subcultures, loin de calmer le jeu par leurs tenues, firent au contraire de leur façon de s’habiller un véritable outil de contestation et de résistance politique, exerçant une influence considérable sur la mode de la seconde moitié du XXème siècle. Ainsi, les amateurs de jazz hot et de musique swing établirent des styles vestimentaires particuliers, en prenant pour base le traditionnel costume. La première variation du costume d’homme est le zoo suit : costume démesuré à épaules extra-larges, revers à pointes, veste très longue, pantalons amples du haut et étroits aux chevilles, et longue chaîne accrochée à la taille, qui à la fin des années 30 devint l’emblème des jeunes citadins afro-américains et hispaniques amateurs de jazz. Les zootsuiters étaient adeptes d’un dandysme subversif ; avec leurs homologues français, les zazous, ils préparèrent la révolution de la mode masculine d’après guerre. Ce style vestimentaire flamboyant avait pour but d’attirer l’attention.  Il a inspiré nombre de sous-cultures rebelles rejetant les normes culturelles et sociales de la génération précédente: les rude boys, les hipsters, les teddy boys, les mods (ou modernistes)… Cette tactique de subversion par les vêtements et notamment par le costume a exercé une influence de plus en plus grande dans les années d’après guerre.

Toutefois, de tous ces groupes minoritaires, ce sont les mods qui influencèrent le plus directement la mode masculine à partir des années 40. Le minimalisme des adeptes du be-bop et du jazz moderne fut à l’origine d’un nouveau style, préfigurant la peacock revolution (« révolution du paon ») des années 60. Le costume, uniforme de travail et standard rigide de la garde robe masculine, est adopté par les rebelles, il s’entour de nouvelles représentations.

En Europe, l’austérité d’après-guerre (en dehors des sous cultures) voit progressivement apparaitre, au milieu des années 1950, une nouvelle silhouette masculine, avec une place de plus en plus importante accordée aux couleurs et aux motifs. Ce changement fondamental dans l’habillement masculin explosa lors de la révolution des paons.  L’essor du prêt à porter et la demande des jeunes consommateurs urbains désireux de s’habiller différemment de leurs pères est à l’origine de cette révolution. Dans le « swinging London » les boutiques de mode proliféraient et le costume masculin traditionnel ne fait plus recette. Des tissus comme le velours, le satin, et le velours côtelé sont donc utilisées pour fabriquer des costumes et des pantalons à taille basse de couleur vive. Chemise à fleurs, cravates de couleur et casquette Beatles complètent ce look londonien et signent la fin du règne de la sobriété des complets. Par exemple, Pierre Cardin, inspirée des mods et de l’esthétique de l’ère spatiale, lancent des collections futuristes, crée une veste de costume sans col ou encore un costume blanc avec fermeture à glissière. D’autres icônes du monde de la musique, Elvis Presley, Mick Jagger, adoptent des costumes de plus en plus extravagants, reprennent des costumes de l’époque victorienne et mélangent les styles. Combinant gout du déguisement et agilité féminine ils bousculent les stéréotypes des différences entre les sexes. Autre exemple : Yves St Laurent qui à « l’ouverture de sa première boutique Rive Gauche à Paris déclare « vouloir libérer les hommes de leur chaînes, comme les femmes venaient de le faire » ; ses costumes safari en gabardine illustrent sa philosophie unisexe, dont le symbole reste le fameux smoking pour femme en 1969.

Le goût du déguisement et de l’androgynie ostentatoire dans toutes ces styles contre culturels furent conservés dans le style glam-rock de stars comme David Bowie ou Marc Bolan dans les années 1970, mais également dans le style dandy-rock des jeunes générations du XXIème siècle. Avant de nous intéresser de près à ce revival du costume à la fin des années 2000, d’autres modèles de représentations d’hommes vêtu de « costards » méritent attention car ils ont fortement contribué à la naissance de nouveaux archétypes du costume masculin : les modèles cinématographiques.

L’effervescence de la mode masculine sous l’impulsion des sous-cultures et des créations prêt à porter a déjà mis en branle toute les symboliques qui entouraient le costume. Il n’est plus QUE cet habit du dimanche, cette parure masculine élégante et encore moins qu’un simple vêtement de travail, le costume masculin a connu d’infinies variations. Mais dans le monde du cinéma, celui-ci va connaitre encore de nouvelles associations qui marqueront fortement l’imaginaire de la masculinité. En effet, l’on a pu constaté que dans certains genres cinématographiques, comme le film noir, le film policier, le film de gangsters ou de mafieux, les personnages masculins étaient en général toujours habillés de smokings noirs, chemise blanche, cravate noire. On peut citer à loisir la série des Parrains, les films de Tarentino comme Reservoir Dogs ou Pulp Fiction, le légendaire Scarface ou même des films plus récents comme De battre mon cœur s’est arrêté ou Layer Cake. Dans ce genre de films, le smoking noir des personnages contribuent à renforcer leur coté sombre, méchant voire démoniaque. Le costume noir est une véritable armure pour l’homme : il le rend distingué, classe, propre sur lui, sérieux ; il renforce l’idée selon laquelle un bon gangster ou un bon mafieux ne laisse pas de trace derrière lui, il est méticuleux et soigné. Nombreux sont les hommes quasiment s’identifier à ce genre de personnage ; un de mes enquêtés le disait en ces termes « Je met parfois un costume pour sortir en discothèque, on le fait avec tous mes potes quand on va dans des boites un peu plus huppées, chacun met son petit costard, prend son cigare et son accent et on rentre easy (facilement). Moi qui suis libanais je me fais passer pour un fortuné du Moyen Orient, j’ai un pote polonais et un autre Italien, eux c’est les mafieux, tu vois  le genre, on se donné un coté un peu latino, pété aux as, mafioso, et ça c’est la classe ! » (Fadi, 26 ans, auto-entrepreneur)

Mais le mythe masculin cinématographique par excellence, habillé d’un smoking noir, c’est bien James Bond. Le costume caractérise le personnage, il lui confère toute sa classe britannique et est une sorte d’armure symbolique pour l’agent 007. Il peut d’ailleurs évoluer dans le film en chemisette (cf.Opération tonnerre ou Meurs un autre jour) mais dès qu’il s’agit d’entrer en action Bond sort le costume. On pourrait écrire une thèse sur le mythe James Bond et sur son légendaire costume. Le temps imparti ici nous en empêche. Toutefois, concernant la vêture de ce personnage on notera que dans les volêts les plus récents, comme casino royale, le personnage adopte également de nouveaux styles, plus décontractés et même sportswears, qui le font évoluer semble le libérer de ce costume, entendu ici comme « déguisement ».

L’ensemble de ces figures cinématographiques a permis au costume masculin de dépasser l’assignation symbolique à sa seule utilisation fonctionnelle (c'est-à-dire professionnelle) et d’inscrire sur ce vêtements d’autres représentations liées à des icônes, et qui vont permettre aux jeunes de se l’approprier de façons différentes.

Cependant, le cinéma n’est pas le seul acteur du retour du costume chez les hommes d’aujourd’hui. Rompant avec la rigueur de la pièce, ils le détournent de ses codes ancestraux et l’adoptent en contournant son aspect formel et conventionne. Ici, le rock et la mode ont été les fers de lance de ce revival.

Tout a commencé avec un des papes de la mode masculine : Hedi Slimane, directeur de création pour Dior Homme. Celui-ci, tranchant dans la mollesse ambiante, réinvente complètement la silhouette masculine au début des années 2000 : sous sa houlette l’homme devient un dandy élégant, un peu rebelle et très androgyne. En mêlant tradition et modernisme, avec un gout particulier poru le blanc et noir, il lance la mode du slim pour homme. Il souhaite relancer le costume et y intégrer l’élément féminin, séduisant et provocateur qui lui manquait (« J’aimerais que les hommes évoluent vers quelque chose de plus sophistiqué, de plus séduisant, pour explorer un type de masculinité entièrement nouveau»). Son travail va complètement révolutionner la mode masculine, va permettre une redéfinition des codes de la masculinité et impulser de nouvelles figures masculines, plus androgynes, inconnues jusqu’alors. En outre, ces bouleversement dans l’univers de la mode s’accompagne à la même période d’un retour du rock qui va également imposer la silhouette slim : the Strokes, the Libertines, BB Brunes, tous ces groupes portent le costume-cravate et le remettent dès lors au gout du jour Hedi Slimane vouait d’ailleurs un culte à Pete Doherty et fut donc fortement inspiré par le personnage. Que s’est il passé pour que le costume opère un tel retour ? C’est l’éternel retour du balancier de la mode. Après des années de culture techno, streetwear, il fallait une sorte de retour au classicisme. A cette époque des matières et des lignes molles, baggi et T-shirts relâchés, le costume qui était la pièce la plus conventionnelle, passepartout, presque ringarde, redevient la plus originale, la plus rebelle. Il s’agissait du même mouvement lorsque les punks se réapproprièrent le costume en 977, en réaction au laisser-aller des hippies (cf. the Jam). Nos rockeurs d’aujourd’hui font al même chose face au stle débraillé du streetwear-techno. L’époque aujourd’hui parait plus incertaine, plus floue, les critères de la masculinité le sont tout autant. Les rêves d’émancipation, de révolte ne se présentent plus de la même façon, tous les symboles de la contre-culture ne fonctionnent plus comme autrefois. Il y a une espèce de volonté de retour à la tradition. Les rockeurs d’aujourd’hui reprennent les Mods en modèles, qui revêtaient leurs costards pour publier la grisaille et par souci de distinction et de subversion. Etre à la fois dans la tradition et la subversion est une forme de détournement des codes de l’âge adulte, notamment de la génération 68tard qui avait pris les codes des jeunes. Eternel jeu de rivalité et de distinction.

Enfin il restera toujours l’attrait du costume masculin, séduction intemporelle, comme s’il était l’essence même de la masculinité. Il s’agit d’un fondamental de la garde robe masculine, sans cesse remis au gout du jour, et qui habille les plus grands de ce monde et les icones médiatiques. Rappelons nous l’élection de Barack Obama et l’insistance des médias en ce qui concerne ses costumes, son élégance.

Aujourd’hui le costume se décline sous de multiples formes : italien, anglais, américain, style dandy, zoo suiter, mods, rockeur, trader. Symbole de neutralité il est devenu symbole de singularité. Le costard a retourné sa veste et la mode masculine n’a pas fini d’imaginer les variations possibles de ce vêtement. Costume pour femme, costume-bermuda, costume sur mesure commandé sur Internet, douche pour costume, tout est fait pour que ce vêtement de travail soit reconnu comme habit intemporel, permanent et en perpétuel devenir.

 

 

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