Mentawai : Beaute du corps, piege de l’ame.

Écrit par  Emilie Coutant

 Communication au colloque des Journées du CeaQ « La socialité postmoderne XI » les 18 et 19 juin 2009, Paris, Sorbonne.

Je vais maintenant vous emmener à environ 12000 kms d’ici sur l’île de Siberut, territoire de 4480 km² appartenant à l’archipel des Mentawai ; cet archipel oublié et vivant, classé réserve de la biosphère par l’ONU en 1981, est situé à environ 130 kms du port de Padang, sur la cote Ouest de Sumatra, en Indonésie. Sur cette île réside le peuple autochtone Mentawai, au nombre de 30000 hbts dont 40% de chamans ; ils sont appelés en Occident les hommes-fleurs du fait des tatouages qui couvrent leur corps et des parures végétales qu’ils arborent. Dans le cadre d’un voyage dans cette région du monde en décembre-janvier, je suis allée à la découverte de ce peuple qui, contrairement aux idées reçues, ne sont pas les survivants d’un autre âge[1], le néolithique ou l’âge de pierre, mais qui, en réalité, témoignent d’une adaptation performante à un environnement difficile : l’île de Siberut est en effet un monde d’eau de boue, de marais et de petites collines ceinturées par d’interminables rivières où la foret atteint 60% de la surface en dépit des ravages actuels de la déforestation et où le taux d’humidité en d’environ 85%. Dans cet espace à priori hostile, vivent les Mentawai, société animiste pour laquelle tout a un esprit, une âme (simagere). Je vais tenter de vous présenter rapidement la cosmogonie unique et ancestrale de cette société, révélant par là même le lien privilégié qu’ils entretiennent avec la nature, puis je m’attacherais plus particulièrement à vous décrire  leur conception animiste du corps et de la beauté par la présentation de leurs tatouages, bijoux et autres signes extérieurs de mise en beauté de leur corporéité. Ce travail des apparences, loin d’être secondaire ou futile, fonde au contraire l’inscription du Mentawai dans le cosmos.

1. Le quotidien animiste des Mentawai :

La société Mentawai est une société naturaliste comme les Aïnu du Japon, les Punan de Bornéo, les Sandu Botswana, les Kubu de Sumatra et bien d’autres encore, sociétés dans lesquels le rapport à la nature, à l’espace et au territoire fondent l’être-ensemble.

Jusqu’à leur premier contact avec des européens vers 1620, les Mentawai se situent au centre du monde. Un monde avec l’océan et ses îles, divisé en trois cosmos : l’Au-delà (esprit du ciel) le monde humain (esprit de la forêt) et le monde du dessous (esprit de l’intérieur). Les mythes fondateurs expliquent la naissance du monde et leur système de représentation permet de comprendre l’existence terrestre, et de vivre en harmonie avec les multiples éléments de la création.

A Siberut on raconte qu’autrefois le ciel était très près de la terre, et que les habitants souffraient, brûlés par le soleil. Alors les gens de Siberut ont pris leurs arcs et ont décoché des flèches vers le ciel, pour que celui-ci s’éloigne. Et le ciel s’est éloigné, ainsi que le soleil, la Lune et tous les astres. De cet épisode témoignent les étoiles : elles sont la marque des flèches qui ont transpercé la voûte céleste.

Un conte raconte que la fille d’un souverain de Sumatra, parce qu’elle était enceinte d’un chien, fut jetée sur un radeau qu’on envoya dériver sur la mer. Elle atterrit à Simatalu sur la cote Ouest de l’île, et là, accoucha d’un fils qui, une fois adulte, se mit en quête d’une femme et partit la rechercher dans l’île. Mais l’île était déserte et le fils la parcourut pendant des années jusqu’à ce qu’il revient à son point de départ. Il y rencontra sa mère qu’il ne reconnut pas, et l’épousa. De leur union naquit la population de l’île. Ce mythe illustre une inversion de toutes les normes : grosses contre nature, aventure impossible à travers l’océan et inceste qui produit la population de l’île.

On rapporte également que le magicien Pageta Sabau, dont la puissance magique est vantée dans les multiples contes, et donc le nom est invoqué au cours de la plupart des rituels chamaniques, visita toutes les rivières de Siberut, y démontrant aux habitants ses pouvoirs surnaturels, avant de se fixer à l’entrée de la rivière Simatulu, précisément là où avait échoué la femme sur le radeau. Ce magicien est explicitement lié au chamanisme, et évoque la dimension entièrement spirituelle dans laquelle les habitants originels de l’île se sont engagés : la médiation avec le monde des âmes, qui seule permet de restaurer les équilibres du monde menacés .en permanence par les dangereuses activités humaines

De par son caractère animiste, dans la culture Mentawai, chaque humain, animal, végétal ou objet a son âme propre. Les Mentawai croient en l’harmonie entre les peuples, la nature et les esprits. Ce dernier point est conforme aux descriptions d’un « grand continuum social brassant humains et non-humains »[2] dont P. Descola, s’inspirant des sociétés amérindiennes, s’est longuement fait l’écho.

« Toutes ces cosmogonies ont pour caractéristique commune de ne pas opérer de distinctions ontologiques tranchées entre les humains, d’une part, et bon nombre d’espèces animales et végétales, d’autre part. La plupart des entités qui peuplent le monde sont reliées les unes aux autres dans un vaste continuum animé par des principes unitaires et gouverné par un identique régime de sociabilité. » (page 27)

Aux Mentawai, ce continuum homme-nature est en effet régi par un principe unique que résume la cosmologie locale : les âmes (simagere) peuplent l’environnement comme elles habitent tout être ou toute chose. C’est donc autour de cet arat sabulungan (en langue vernaculaire), c’est à dire ces croyances ancestrales animistes, que s’organisent la culture et la socialité Mentawai. Ces gens se trouvent au cœur d’une forme d’écologie mythique conservée par cet animisme du quotidien. La représentation de leur environnement est une représentation d’un monde totalement en équilibre, un équilibre précaire et instable qu’il faut préserver car chaque action de l’homme est susceptible de le modifier ou de le bouleverser.  La perte de l’équilibre est une menace perpétuelle et la cause de maladies et de la mort. Dès lors l’existence est ponctuée de cérémonies collectives, constituée de chants, de sacrifices ou de danses, que ce soit pour un évènement particulier, une étape dans la vie d’un Mentawai ou pour lutter contre la maladie, les querelles, la mort.

Leur écosystème est ainsi exploitée de façon mesurée avec un principe de restitution : « Dès qu’on touche à l’environnement il faut lui rendre quelque chose ». Ainsi, avant de partir à la chasse par exemple, un des porcs de l’élevage est sacrifié, c’est la condition pour obtenir des singes de l’environnement forestier. Ses entrailles serviront également pour la lecture de présages. Toujours, dans le domaine de la chasse, puisque tout être est animé, vivant, et doté d’une âme, il faut demander la permission aux esprits pour prendre l’esprit d’un animal et puis il faut bénir son âme. A chaque chasse, j’ai eu le loisir d’observer ce rituel. Pour la cueillette ou le défrichement, les mêmes précautions sont prises. On demande la permission aux esprits de la forêt avant de couper un arbre et à chaque arbre à sagou (alimentation de base chez les Mentawai puisque le riz ne fait pas partie de leur culture) coupé, un autre arbre est replanté.

Les crânes des porcs sacrifiés sont conservés, accrochés aux poutres transversales de la maison communautaire, orientés vers l’intérieur de la pièce, ainsi l’esprit reste dans l’enceinte de l’uma et veille sur le reste de l’élevage. Tandis que les crânes de singes et de cerfs, décorés et présentés comme de véritables trophées, sont tournés vers l’horizon, ce qui favoriserait la chasse.

(Parenthèse : La Uma, véritable centre spirituel des hommes-fleurs, est le lieu de la vie quotidienne et des activités, où tous les membres du clan (suku) se regroupent pour cuisiner, manger, organiser les cérémonies, discuter et dormir. Pour comprendre la vitalité qui anime la communauté il faut comprendre leur rapport à l’espace, bien saisir la place centrale qu’occupe l’Uma dans leur quotidien, véritable fondement de la socialité de chaque suku, à la fois groupe de parenté, groupe de résidence patrilocal, lieu d’habitat, et territoire du groupe. Toutefois, une étude sur le rapport à l’espace et au territoire n’est pas le sujet ici et il serait trop long de traiter ce point.)

Revenons à l’étroite symbiose qui unit les hommes-fleurs à la foret  et qui fait de ce monde végétal le centre leur cosmogonie. Les Mentawai  évoluent dans la forêt comme dans un univers familier et fragile, dans cet équilibre délicat que j’ai évoqué. L’idée d’une culture supérieure à la nature, ou même différente de celle-ci, leur est étrangère : l’une et l’autre forment un tout. Ce monde matériel et charnel possèdent son écho dans la « sphère des âmes » (Simagere), où se nouent ou se dénouent des enjeux importants. Ce monde des âmes est sans cesse perturbé, de façon involontaire mais inévitable, par les actions humaines. La vie, l’âme (simagere) est menacée par la puissance entropique, l’aura (bajou), exercée par les fantômes, entités de la mort (sanitu). Celui qui se retrouve dans la jungle des âmes, des esprits et des fantômes qui peuplent l’univers des hommes-fleurs est le kerei, autrement dit le chamane, ou medeçin-guérisseur. Médiateur entre les hommes et le surnaturel, il a pour fonction de restaurer l’équilibre entre ces deux sphères. Pour cela il utilise des plantes au pouvoir symbolique, officie par incantations et rituels, et définit les interdits à respecter. Sa principale tâche est de rappeler les âmes des personnes affectées par une maladie, un accident ou un conflit, de façon à ce qu’elle réintègre sa moitié charnelle, apportant ainsi la guérison. Par la richesse qu’il oblige à mobiliser, et par le savoir qu’il permet d’accumuler, le statut de kerei est facteur de prestige.

Ainsi, pour empêcher cette fuite des âmes de leur corps, la chose la plus essentielle chez les Mentawai est le tatouage et la parure de leur enveloppe corporelle. Ce rapport privilégié à la beauté du corps est le point nodal de la cosmogonie Mentawai ; et il constitue de surcroît un apport manifeste pour mes recherches sur la beauté et la corporéité.

2. Les hommes-fleurs : quand les parures protègent notre âme

Les Mentawai sont sans doute le premier peuple sur terre à faire des tatouages (aux alentours de – 1500 av J.C, soit avant les Egyptiens vers -1300). Ils se tatouent des pieds à la tête et ce dès l’adolescence. Selon eux, le tatouage embellit le corps et, ainsi, l’âme satisfaite ne quitte pas son enveloppe charnelle, lui épargnant accident ou maladie. Ceci est la première fonction du tatouage, relative à l’arat sabulungan, le corps est à l’image d’une maison dans laquelle leur propre âme doit se plaire. Le tatouage préserve donc intacte l’âme et la personnalité de l’individu. Tel un rite de passage, chaque Mentawai commence à se faire tatouer au moment de son passage de l’enfance à l’adolescence. Un corps adulte sans inscription est en désaccord avec son identité, l’âme ne peut se plaire dans ce corps incomplet. La seconde fonction du tatouage est expressive : il informe, via des symboles comme la lune, le soleil, sur l’identité personnelle de l’autochtone, notamment sur son groupe d’identification (famille, clan), son statut social, sa profession et ses réalisations. Enfin, les tatouages ont pour troisième fonction celle de remplacer les vêtements, leurs corps paraissent protégés des agressions extérieures. Le tatouage les protège des mauvais esprits de la forêt.

Etapes de réalisations des tatouages

Les séances de tatouage sont nombreuses dans la vie d’un Mentawai pour recouvrir chaque partie du corps petit à petit : jambes, bras, torse, visage… Les hommes et les femmes sont tatoués de la même façon, excepté les bras et les cuisses des femmes qui ne sont pas tatoués. Le tatouage, de son nom vernaculaire titi est réalisé avec un pinceau nommé patiti sur lequel est fixé une pointe de laiton trempée dans un mélange de suie –récupérée sous la marmite- et de canne à sucre. Les motifs sont reproduits sur le modèle du tatoueur, qui n’est autre que le kerei. Pendant la séance, le public, des anciens, est nombreux. Ils donnent leur avis, palabrent, soutiennent le tatoué. Le tatoueur recommence le motif jusqu’à ce que tout le monde soit d’accord avec la forme artistique du tatouage, des motifs ; celle-ci doit suivre la tradition. Puis le kerei enduit le patiti d’encre et repasse les contours. A l’aide d’une baguette en bois, il donne des coups vifs et secs pour que l’aiguille pique la peau et inscrive le motif à jamais. L’aiguille se déplace doucement tout au long des contours, du sang coule, cela semble très douloureux et long. Autour les anciens continuent de raconter des histoires et des blagues pour soutenir le tatoué. Le tatouage peut entraîner fièvre et enflements pendant plusieurs jours mais ils le font quand même tant il est fondamental, et ce, à différents étapes de la vie :

-          Vers 7 ans, juste avant l’adolescence pour les Mentawai, garçons et filles se font tatouer le dos. Aujourd’hui il semble que cet âge recule peu à peu.

-          Un à deux ans après, c’est au tour des bras et du dessus des mains.

-          Juste avant le mariage sont tatoués les hauts de cuisses et les jambes, puis la poitrine et le cou.

-          Enfin, vers 40 ans, les tatouages recouvrent les mollets, tibias et avant-bras.

Il semblerait que l’ordre de ces étapes diffère selon les clans et les régions -Bai Lao Lao, femme d’Aman Lao Lao, racontait que ses mains entières furent tatouées en un jour, et un an après ce fut le cas de sa poitrine et de son dos-)

Le coût d’un « costume de tatouage » qui prend toute une vie à revetir semble cher pour un Mentawai : il se compose d’un cochon de taille moyenne, un arbre à durian, quatre palmiers de sagou, un palmier de coco et un panier avec un poulet et de nombreux poussins. Toutefois pour devenir un vrai Mentawai le tatouage est le seul moyen car il est le point culminant de ce tout ce qui compose l’identité Mentawai. Comme je l’ai évoqué, les tatouages permettent de distinguer les personnes selon leur région ou communauté. J’ai été étonné de voir qu’ils peuvent dire tout de suite à quel clan tel ou tel appartient en fonction du style de ses tatouages. En outre, les Mentawai pensent que les tatouages leurs permettent de se munir de leurs richesses matérielles dans l’au-delà, et permettront aux ancêtres de les reconnaître après leur mort.

Au niveau des représentations, il existerait environ 160 motifs de tatouages. Ceux que j’ai rencontrés ont des tatouages qui représentaient le sagoutier, l’arbre de vie selon eux. Les rayures sur le haut des cuisses représentent les veines et le tronc du sagou ; les lignes pointillées sur les ras représentent les feuilles épineuses de ses branches ; les motifs des mains et des chevilles renvoient à l’écorce ou aux racines ; enfin, les lignes courbes de la poitrine représentant la fleur de sagou. Pour les anciens cet arbre de vie doit être tatoué sur tous les chamans pour les protéger de la mort.

Toutefois, tous n’avaient  pas nécessairement cet arbre de vie sur le corps. Parfois, les lignes barbelées sur les bras représentaient les frondes du rotin. Sur la face interne des cuisses et le dessus des pieds, les petits motifs représentaient des pattes de chien, sorte de volonté magique qui permettrait aux hommes de courir aussi vite que leurs compagnons de chasse. Les tatouages sur la poitrine et les poignets symbolisaient des perles (nom vernaculaire : ngalou qui signifie aussi talisman) qui ont pour fonction d’inscrire l’âme et de la garder près du corps. Les tatouages en forme de crochets sur le dos des mains ont la même fonction mais aident aussi, semble-t-il, à attraper gibiers et poissons en rendant les doigts et les mains plus agiles. Enfin, les rosettes sur les épaules des hommes et les étoiles sur les épaules et le dos des femmes permettraient au diable et au mal de rebondir sur leur corps comme les gouttes de pluie d’une fleur.

La force du tatouage est appelée « sipatti » et la qualité et la beauté du tatouage est appelée « mimiliki ». L’un ne va pas sans l’autre.

Il est d’ailleurs impossible dans l’art de Siberut de dissocier la fonction d’un objet de son esthétique, celle-ci venant renforcer celle-là. Un objet (arc, pagaie, oiseau de bois) est beau parce qu’efficace et vice-versa. Dans l’univers Mentawai, non seulement les humains, mais tous les êtres doivent êtremateu. Le concept de mateu exprime l’harmonie entre l’apparence et l’essence, et représente ce qui permet à un objet d’être efficace. Un objet « vivant » comme un arc, ne peut être utile que s’il est mateu, que si son aspect exprime son essence d’arc. Pour que celui-ci se sente réellement arc, il doit posséder la forme et les décorations traditionnelles, telles qu’elles ont été transmises par les ancêtres. L’apparence d’un objet a donc autant d’importance que sa forme artistique (Schefold, 1988, p.16). Si une chose n’est pas belle elle n’est pas en accord avec elle-même.

La beauté est donc une chose essentielle pour les Mentawai, elle est un piège pour les âmes. Au quotidien, aux tatouages s’ajoutent d’autres parures comme les vêtements faits de végétaux divers, les colliers, les bracelets de toutes les couleurs (mais chacun uni). Par ailleurs, les dents taillées en pointes font également partie de ce culte de la beauté, notamment chez les femmes. J’ai demandé à une jeune fille pourquoi elle avait les dents ainsi et elle me répondit en souriant : « Plus pointues, elles sont meilleures, elle sont plus jolies. C’est un bon style pour mes dents. C’est pour ça que je suis belle. Ce style est vraiment bien » Puis elle m’explique que c’est avec un petit couteau et un morceau de bois que la dent fut martelée, que c’était très douloureux, qu’elle a dut le faire en deux fois.

Les Mentawai sont toujours très attentifs à être beaux afin de plaire à leur âme, et plus que jamais lors de grandes cérémonies comme le Puliaijat, grand rituel festif de rappel des âmes, où il faut démontrer plus que jamais que l’on est beau. Le puliaijat donne des reflets nouveaux à la vie, il affermit le sentiment d’unité entre tous et il est porteur de bonheur pour la communauté. A cette occasion, l’imagination et les couleurs ajoutent à la beauté de tous les corps tatoués. Les femmes portent des colliers, des bracelets et des ceintures de perles multicolores. Leur chevelure est parsemée de fleurs d’hibiscus rouge vif qui rehaussent l’intensité des regards. Les hommes sortent des pagnes neufs et parfois une pièce d’étoffe jaune ou rouge entoure la taille. Certains, pour être encore plus beau, avait peint leur visage avec de la teinture jaune. Des amulettes et des colliers bruns étaient portés par le chamane. A cette cérémonie la beauté était partout.

Conclusion

Les Mentawai aujourd’hui connaissent un attrait non négligeable en Occident et dans la recherche. Ouvrages, articles, reportages (pour le plus connu, celui de France 2, sorte de TV-réalité mettant en scène l’acteur Patrick Timsit en immersion dans l’ethnie qui provoqua de grandes polémiques - encore aujourd’hui – chez nous mais aussi sur Siberut) abondent sur cette culture. Récemment, le fabuleux travail géo-archéologique de l’IRD à Marseille réalisé par Hubert Forestier et Dominique Guilbaud fut mis à disposition du grand public à travers une exposition réalisée du 27 janvier au 28 mars de cette année. Il fournit des pistes de recherches pertinentes quant au rapport au territoire et à l’environnement mais le point de vue qui nous intéresse, le rapport à l’esthétique, fondateur lui aussi de leur socialité n’est pas traité. Il existe des ressemblances entre leur société et la notre. Ainsi,lLe rapport à l’esthétique chez les Mentawai doit nous permettre de penser notre propre rapport à la corporéité et à la beauté : ce lien inextricable entre apparence et essence, qui touche de plus en plus notre société et qui pose dès lors la question du rapport entre nature et culture.

A achever.


[1] Perspective d’Olivier Lelièvre, Mentawai : La forêt des esprits. Ed. Anako Peuples du Monde. 1992

[2] Philippe DESCOLA, Par delà nature et culture. Ed. Gallimard. 2005. page 25.

 

 

 

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