A l’heure actuelle, les analyses du traitement médiatique du handicapé sportif restent ancrées dans une vision moderne du monde avec ses mythes de performance, d’exaltation du progrès et du courage requis par ses adeptes. Dans la majeure partie des iconographies relevées dans la presse ou sur Internet, au premier regard on peut observer que le focus est généralement fait sur l’handicap (membre manquant ou prothèse) ou alors sur des expressions de visages traduisant l’effort, la combativité, le dépassement de soi. En somme la médiatisation des personnes handicapées se base encore sur les stéréotypes des représentations sociales partagées par le grand public ; et le corps sportif handicapé demeure un corps appréhendé à travers les limites, les incapacités et les manques qu’il exhibe. Les médias traitent le handisport comme un simulacre du sport valide...

Cette communication s’inscrit dans le droit fil de mes recherches actuelles sur les modèles de représentations du masculin dans les médias. Par une approche compréhensive et phénoménologique, dans le cadre d’une sociologie de l’imaginaire, j’essaie de repérer et d’analyser les mythes et les archétypes qui sont à l’œuvre dans les représentations de la masculinité. Le matériau de recherche utilisé est un corpus d’iconographies publicitaires, d’images de mode et de figures masculines du cinéma, de la musique et du sport .Dans son sens le plus simple, le costume est un habit masculin formé d’une veste et d’un pantalon assortis, parfois complétés d’un gilet du même tissu ; dans ce cas le costume est appelé « complet ». Le costume trois pièces fit son apparition à la fin du XVIIème siècle...

De l’imprimé léopard qui revient cycliquement à l’emblème thériomorphe de certaines marques (Ferrari, Ralph Lauren, Hermès…), en passant par l’ornementation animale en joaillerie, la figuration de poils, chevelures et fourrures de tout ordre, ou encore la dissémination de certaines espèces (équidés, fauves, reptiles) dans les iconographies publicitaires, l’animal est partout. Créateurs de mode et créatifs publicitaires rivalisent d’imagination dans ce domaine baroque et onirique...
Je vais maintenant vous emmener à environ 12000 kms d’ici sur l’île de Siberut, territoire de 4480 km² appartenant à l’archipel des Mentawai ; cet archipel oublié et vivant, classé réserve de la biosphère par l’ONU en 1981, est situé à environ 130 kms du port de Padang, sur la cote Ouest de Sumatra, en Indonésie. Sur cette île réside le peuple autochtone Mentawai, au nombre de 30000 hbts dont 40% de chamans ; ils sont appelés en Occident les hommes-fleurs du fait des tatouages qui couvrent leur corps et des parures végétales qu’ils arborent.

Travailler sur les images c’est travailler sur les formes de l’image (contenu) et le contexte de l’image. Nos sciences humaines se caractérisent par la recherche de sens et de significations ; le sens ne peut être atteint que par la compréhension du contexte et la signification réside non pas dans la connaissance des causes mais dans la connaissance des éléments reliés entre eux. Cette approche de type compréhensive se nourrit de la phénoménologie, perspective développée par Husserl dès 1913, celle-ci tente d’appréhender intuitivement les phénomènes de conscience vécus.

Chien noir sur les épaules, sac à main dans la gueule d’un tigre, éléphants aux ongles vernis ou encore serpent se lovant sur le corps dénudé d’un mâle allongé au bord d’une piscine… les figures de l’animalité dans les imaginaires de la mode masculine font florès. Dans l’effervescence de ces imageries animales, force est de relancer le débat sur la frontière éminemment poreuse entre l’humanité et l’animalité. Ce questionnement en termes de limites et de frontières  a suscité de nombreuses réflexions, tant de la part des philosophes, des anthropologues ou, plus tardivement, des éthologues. Ce débat amène donc à poser la question du devenir-animal de l’homme, la part d’animalité dans notre humanité et ce que nous projetons de notre humanité dans l’animalité.
Depuis quelques années, la mode masculine n’a cessée d’être le théâtre d’importantes mutations au niveau des corps mis en scène à travers les figures du mannequinât. Le terme « mutation » est employé à dessein puisqu’il signifie, par son étymologie latine mutare, le changement de peau ; il semblerait en effet que l’homme, pris dans sa singularité de sexe, soit en train de véritablement modifier son enveloppe charnelle, révélant par là même une corporéité nouvelle. Ce passage du corps-sujet de l’homme au corps-objet, notamment dans les médias, a suscité une transformation d’un corps masculin dur et viril vers un corps davantage androgyne.
Dans le souci de comprendre au mieux les corporéités masculines en gestation, l’ambition des recherches déjà amorcées visait à saisir les représentations du genre masculin, qu’il s’agisse des modèles de représentation (et d’identification) du masculin dans les médias ou des représentations sociales que les hommes se font de leur masculinité. L’étude et la compréhension de cet objet s’inscrit dans la lignée d’études sur le changement postmoderne théorisé par Michel Maffesoli et découle d’observations et de réflexions sur la mode masculine médiatisée, analysées sous l’angle de la méthodologie durandienne de l’imaginaire. L’application de cette méthodologie aboutit à une mythanalyse des images et des symboliques agissantes dans le « monde imaginal » (Henry Corbin) des représentations du masculin.
«DébutPrécédent12SuivantFin»
Page 2 sur 2

Credits: Website powered by Livod - Logo & Print by Pulse Communication - Copyright © 2008 - 2018 Tendance Sociale.